L'esthétique de la résistance dans les oeuvres des écrivaines franco-vietnamiennes contemporaines : Femmes, Histoire, Exil

19e - 21e

CIEF (Centre international d'études francophones)

Type de thèse
Date de soutenance 
19 Décembre 2017
Sous la direction de 

Romuald Fonkoua

Doctorants
NTOUMOS-DE REMY
Résumé 

Les fictions franco-vietnamiennes, qui ont relevé le défi de dépasser le carcan
folklorique, offrent un point de vue original sur les concepts de femmes, d’histoire et d’exil
dans des contextes de dominations politique et sociale différents. Néanmoins, ces fictions
mettent en place des stratégies de résistance très proches. Parmi toutes les questions
soulevées par les représentations qu’élaborent ces oeuvres, celle de la résistance a été retenue
car elle est particulièrement riche et révélatrice de la complexité de leur identité littéraire.
Comment s’écrit la résistance dans les oeuvres franco-vietnamiennes ? À quoi résistent-elles?
Quels sont les enjeux de cette résistance ?
L’étude se focalise sur les fictions de quatre écrivaines franco-vietnamiennes
contemporaines, Linda Lê, Kim Lefèvre, Ly Thu Ho et Anna Moï. Ces écrivaines offrent des
pistes de réponses à ces questions, en mettant en évidence trois dominations qui se croisent
et s’articulent entre elles : la résistance à la domination masculine, à l’histoire surplombante
et à la glorification d’une identité nationale figée. Le cadre d’analyse choisi est celui des
resistance studies.
Cette méthode permet d’engager une description systématique des figures de
résistance présentes dans les récits de fiction. Le champ d’investigation pose tout d’abord le
problème des représentations de la place des Vietnamiennes, tiraillées entre la société
patriarcale teintée de confucianisme et la société française moderne. Elle implique également
l’examen des modalités déployées dans les oeuvres du corpus pour déjouer les pièges d’une
écriture de l’histoire du Vietnam qui accorderait peu de place aux voix subalternes : aux
Vietnamiens et en particulier aux femmes. Finalement, à travers l’analyse de l’exil comme
forme masquée d’insoumission, nous interrogeons la façon dont le sujet femmepostcoloniale
s’approprie les apports exogènes sans renoncer à son éthique et son identité
particulières.

Directeur de thèse 
FONKOUA