umr 8599

du cnrs et

de l¯universitê

paris-sorbonne

 

Littérature et pouvoir sous l'Ancien Régime

30.09.2014 > 05.05.2015

16e - 18e

Jouvences de la Fable (1600-1750)

Année(s) 
2014-2015
Organisé par 

Patrick Dandrey et Delphine Denis, sous l'égide du CELLF 16-18/UMR 8599 (Paris-Sorbonne/CNRS)

Cycle de conférences de séminaire de master 1re et 2e années, modules FR430A S1

Ecole doctorale 
Non
Semestre 
1 et 2
Infos pratiques 

Salle des Actes de Paris-Sorbonne, les mardis de 18h à 20h

À l’occasion du tricentenaire de la mort de Louis XIV (1715-2015), on proposera un inventaire le plus large possible des approches actuelles d’une question ancienne et complexe : celle des relations entre les écrivains et le pouvoir monarchique. On l’envisagera sur la longue durée, du début de la Renaissance française jusqu’à la Révolution. entre les règnes de François Ier et de Louis XVI, tout en concentrant l’analyse pour grande partie sur celui de Louis XIV. C’est à cette époque en effet que se révèle avec la plus grande acuité la contradiction qui sous-tend l’absolutisme monarchique dont l’imposition progressive caractérise ces trois siècles : d’un côté, personnalisation du pouvoir, qui culmine sous Louis XIV dans un véritable culte de la personnalité du monarque ; et de l’autre, rationalité de son exercice par un réseau administratif de plus en plus anonyme. Cette contradiction s’inscrit dans le contexte tendu d’une revendication de l’individualité, de la subjectivité, de l’intime, en même temps que d’un processus tout contraire de régulation, d’institutionnalisation, de contractualisation envahissantes. L’histoire des idées et des représentations répercute cette tension, entre l’explosion de l’Église (la Réforme) et celle de l’État (la Révolution) dans un contexte effervescent et passionné de théorisation et de refondation morales, idéologiques, politiques et/ou religieuses. L’histoire de la littérature en est également traversée, celle du Classicisme français en particulier : l’institution de l’activité littéraire (le phénomène académique) et la régulation de sa pratique (la floraison des poétiques et le diktat de la générique) s’articulent alors à l’intériorisation progressive de l’inspiration (le style et le goût personnels) et de l’évaluation (l’esprit critique et la raison universelle). L’étude de ces tensions, de ces conciliations, de ces évolutions appelle des méthodes d’analyse générales et des approches particulières de cas significatifs dont le séminaire tâchera de proposer des exemples représentatifs dans leur diversité centrifuge, tout en montrant comment l’étude des rapports entre la littérature et le pouvoir finit toujours par rencontrer la question inverse du pouvoir de la littérature.

Liste des conférences