Génétique matérielle, génétique virtuelle. Pour une approche généticienne des textes sans archives.

2009
Edition 

Québec, Presses de l'Université Laval, 2009, 350 p.

Archéologie de l'oeuvre littéraire à partir des vestiges de son élaboration, la génétique bute sur un double obstacle : pour le passé lointain, la destruction fréquente des brouillons ; pour l'heure et pour l'avenir, leur disparition dans les corbeilles virtuelles des ordinateurs. Concentrant le projecteur sur la littérature française d'Ancien Régime, qui occultait par principe ces traces indiscrètes, le présent ouvrage propose à l'optique génétique d'accomplir sa révolution copernicienne, en prolongeant le dossier génétique jusqu'au sein de la vie évolutive de l'imprimé, en extirpant de l'imprimé les vestiges de son brouillon disparu : parce que la surface couturée et dénivelée des textes constitue un palimpseste révélateur de leur propre préhistoire ; et parce que les ajouts, corrections et réécritures observables d'édition en réédition offrent une archive latente de leur invention continue. On sait que pour certaines oeuvres, celle de Montaigne, celle de La Bruyère, ce processus se poursuivit jusqu'à la mort de leur auteur, plume à la main - voire au delà, pour les Pensées de Pascal ou les Lettres de Mme de Sévigné... Loin de trahir l'esprit de la génétique, cette nouvelle conception, moins matérielle que " virtuelle ", voudrait en accomplir les promesses, en lui restituant le champ de son expansion naturelle, qu'une concentration exclusive sur la littérature des XIXe et XXe siècles a jusqu'ici rétréci, peut-être abusivement, à la confusion entre le texte et l'impression, l'avant- texte et le brouillon.