Présentation

  • Présentation

    Le CELLF (Centre d’étude de la langue et des littératures françaises) est issu du rapprochement de plusieurs unités et équipes de recherche de l’université Paris-Sorbonne : d’une part le « CELLF 17e-18e siècles », unité mixte de recherche de l’université Paris-Sorbonne et du CNRS (UMR 8599) fondée en 1967 et consacrant ses travaux aux textes littéraires des XVIIe et XVIIIe siècles ; d’autre part deux équipes d’accueil de l’université Paris-Sorbonne, le  « Centre de recherche sur la création littéraire en France au XVIe siècle » (Centre Saulnier, EA 2578) et l’équipe « Littérature française XIXe-XXIe siècles » (EA 4503) à laquelle était rattaché le Centre international d’études francophones (CIEF).

    Dès 2009, un rapprochement du CELLF 17e-18e  et du Centre Saulnier avait été envisagé, afin de constituer une formation de recherche couvrant le domaine de la première modernité, le CELLF 17e-18e devenant ainsi le « CELLF 16-18 », et étendant ainsi son champ de recherche à la langue et à la littérature françaises de la Renaissance à la Révolution.

    Parallèlement, la préparation et le développement du labex OBVIL par des chercheurs appartenant aux trois équipes existantes ont permis de consolider les liens déjà étroits entre ces unités de recherche. Tout en s’appuyant sur leurs points forts traditionnels (éditions de textes, philologie, histoire des savoirs, histoire des idées), les trois unités de recherche ont choisi de prendre résolument le tournant des humanités numériques. Il a dès lors paru souhaitable que se réunissent en une seule UMR l’ensemble des équipes de l’université Paris-Sorbonne travaillant sur la littérature française de la Renaissance à nos jours et sur les littératures françaises hors de France, ce qui a conduit à l’intégration au sein de l’UMR 8599 (CELLF 16-18) de l’équipe « Littérature française XIXe- XXIe siècles » et du CIEF. Ce double processus a abouti à l’élargissement au 1er janvier 2014 de l’UMR 8599, rebaptisée « CELLF », qui se présente comme une confédération regroupant deux grandes équipes : le CELLF 16-18 et le CELLF 19-21.

    Tout en ayant des axes de recherche partagés, ces deux équipes conservent leur autonomie en raison des temporalités distinctes de leurs champs de recherche : la première modernité d’un côté ; la période moderne et contemporaine de l’autre. La nouvelle organisation qui se met en place en 2014 permet toutefois d’envisager un travail collaboratif, une réflexion méthodologique partagée, et une montée en puissance sur de grands thèmes transversaux. Pas plus en littérature française que dans les autres domaines du savoir, la Révolution française ne constitue, en effet, une ligne de partage absolue. De nombreux entrelacements sont déjà tissés entre les recherches sur les deux périodes, en aval et en amont. Le rapprochement institutionnel apparaît comme un gage de leur consolidation et de leur extension. Alors qu’une hyperspécialisation fractionne les champs de recherche, la pratique d’une collaboration transversale, que l’élargissement de l’UMR favorise, doit permettre de mieux saisir de grandes continuités, d’explorer des objets de recherche sur le temps long et, en évitant les points aveugles qu’engendre un découpage purement séculaire, de repenser l’histoire littéraire.

  • Motion du CELLF/UMR8599 (Sorbonne Université-CNRS)

    Les chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, doctorants et personnels d’appui du CELLF s’opposent aux orientations prônées par les trois rapports officiellement commandés par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation pour préparer la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) et considèrent que ces propositions sont de nature à porter atteinte à la qualité et à la pérennité des activités de recherche et d’enseignement.

    Ils dénoncent en particulier :

    1. l’amplification de la contractualisation et de la précarisation dans l’ESR (tenure tracks, CDI de projets, contrat jeunes chercheurs, etc.) pour toutes les catégories de personnels (doctorants, chercheurs, enseignants-chercheurs, BIATSS, ITA) ;
    2. la remise en cause du statut des enseignants-chercheurs avec la disparition de la référence aux 192 heures équivalent TD ;
    3. la remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité de l’évaluation des carrières par les pairs ;
    4. l’instauration d’une gestion managériale des équipes de recherche, avec indexation des crédits alloués sur les évaluations ;
    5. l’inféodation des recherches aux priorités nationales imposées et la remise en cause des libertés académiques ;
    6. le renforcement d’une logique concurrentielle contraire aux pratiques foncièrement collaboratives de la recherche, avec la multiplication des primes variables et des financements sur projets, l’augmentation de la concurrence entre unités de recherche.

    Constatant que la politique actuelle d’emploi scientifique, fondée sur une réduction constante du recrutement de personnel titulaire et un recours généralisé à l’emploi précaire, ne permet plus de réaliser les missions de service public d’enseignement supérieur et de recherche dans des conditions satisfaisantes, les chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, doctorants et personnels d’appui du CELLF en appellent à l’élaboration d’une loi fondée sur un diagnostic partagé avec la communauté scientifique, digne des ambitions que notre société attend de la recherche publique et l’enseignement supérieur.