Le corps dans les écritures francophones

23.05.2014 > 24.05.2014

19e - 21e

CIEF (Centre international d'études francophones)

Incarner et décharner les mots

Dans les lignes d’écriture, le corps écrivant s’encre et se fait mots. Le saisissement de la voix dans la scripturalité enchaîne en même temps qu’il ancre la chair d’une langue. Dans les contextes mouvants de la francophonie, l’écriture du corps, tout comme l’organicité du texte, traduisent la faille qui se déroule sous le poids de paroles données au lecteur. « Nous lisons », explique Philippe Haeck, « avec notre corps », tandis que la chair des personnages, la densité organique de certains néologismes, nous agrippent aux jambes du texte. La voix, pont entre le corps et le langage, murmure dans un texte calibré qui semble fixe. Pour autant, la page demeure fissurée, comme prête à expulser les mots, les corps et décors en même temps qu’elle aspire le lecteur dans le vertige de ses représentations.

Ces corporalités textuelles rencontrent l’autre lisant, l’altérité écrivante, dans un séisme, instant de rupture symbiotique au sein du « théâtre intérieur », celui qui rassemble le décharnement d’écriture au « rapaillement » du texte (Gaston Miron, L’homme rapaillé). Ces thématiques entraînent les questionnements de la francophonie autour de la « corpographèse », définie par Marie-Anne Paveau comme « l’inscription du sens sur le corps autant que l’inscription du corps comme sens ».

Université Paris-Sorbonne

Amphithéâtre Quinet, 46 rue Saint-Jacques, 75005 Paris

Organisé(e) par 

ACLF (Association des Chercheurs en Littérature Francophone)

Avec le soutien de 

CIEF (Centre International d'Etudes Francophones)