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    Gautier et la matière

    07.06.2018 > 08.06.2018

    19e - 21e

    Études romantiques et dix-neuviémistes

    Annonce 

    7 juin 2018, Maison de la recherche de Paris III - Salle Athéna (4, rue des Irlandais, 75005 Paris) et 8 juin 2018, Bibliothèque Jacques Seebacher (5, rue Thomas Mann, 75013 Paris)

    De Barbey d’Aurevilly qui le célébra comme le « poète de la matière »
    à Edmond de Goncourt qui se défendait de tomber dans « la trop
    grosse matérialité » de son style, la matière a été un élément définitoire
    de l’image de Gautier, presque autant que le motto idéaliste de l’art pour l’art.
    Prompt à exalter le paganisme pour sa reconnaissance de la matière
    comme valeur et à célébrer le corps humain comme le « suprême effort
    des configurations de la matière », l’écrivain n’a pas été étranger à l’idée
    d’une éternité de la matière, voire de sa divinisation, ni à celle de circulation
    de la matière de forme en forme. L’idée qu’elle peut être spiritualisée
    au point de nier les lois de la physiologie a pour contrepartie
    celle d’une chute dans la matière. Cette dernière est au centre
    de la conception que Gautier s’est forgée de l’oeuvre d’art et dont le sonnet
    final d’Émaux et Camées a fixé la formule emblématique, tout comme
    elle est au coeur du débat sur la modernité et les effets de l’industrialisation,
    face auxquels Gautier se montre sans doute plus ambivalent qu’on ne l’a dit.
    L’oeuvre de Gautier offre ainsi un passionnant terrain d’enquête, qu’on
    l’envisage sous l’angle de l’histoire, de l’esthétique, de la philosophie
    ou de la religion.